Fête Nationale du 14 Juillet

Réception à l’ Hôtel Fairmont pour célébrer la Fête Nationale française.

L ’Ambassadeur de France, M. Hugues Moret, a reçu le 14 juillet à l’ Hôtel Fairmont de nombreux représentants de la Communauté française de la Principauté et les Hauts Représentants des Institutions monégasques pour une réception afin de célébrer la Fête Nationale du 14 juillet .

Plus de 450 personnes ont ainsi assisté à ce rendez vous traditionnel qui s’est déroulé dans une chaleureuse convivialité.
L’ Ambassadeur de France a prononcé l’allocution suivante.

JPEG

Fête nationale : M. Hugues Moret Ambassadeur de France , devant la communauté française et les Représentants des Hautes Institutions monégasques.( photo prise à l’ Htel Fairmont, M. Thomas Jacques)

"- Monsieur le Secrétaire d’Etat, Représentant Son Altesse Sérénissime le Prince Souverain,
- Monsieur le Ministre d’Etat,
- Monseigneur,
- Monsieur le Président du Conseil National
- Monsieur le Directeur des Services Judiciaires, Président du Conseil d’Etat,
- Mesdames et Messieurs les Conseillers de Gouvernement,
- Monsieur l’Ambassadeur,
- Madame le Conseiller de l’Assemblée des Français de l’Etranger et Présidente de la Fédération des Groupements français
- Mesdames et Messieurs les Consuls
- Chers Amis,

C’est un très grand honneur de vous accueillir pour fêter avec vous, pour la première fois, le 14 juillet, dans ce cadre magnifique, qui n’est ni tout à fait le ciel, ni tout à fait la mer, et qui semble suspendu dans une éternité de lumière et de beauté.

Monsieur le Secrétaire d’Etat, Cher Jacques Boisson, je vous prie de bien vouloir transmettre à son Altesse Sérénissime le Prince Albert II et à la Princesse Charlène, ainsi qu’à la Famille princière, au nom des Français de Monaco, et au nom de l’Ambassadeur de France, l’hommage de leur affection attentive, respectueuse et fidèle.

Je souhaite à tous la bienvenue, Vous Français amis de Monaco, et Vous Monégasques, amis de la France, pour cette réception, qui est chère au cœur de chaque Français.

Nous sommes chacun pris dans l’urgence des jours.
Permettez-moi d’arrêter un bref instant la marche du temps, et de vous faire part, simplement et directement, comme représentant de la France à Monaco, de trois réflexions.

I- L’esprit du 14 juillet.

Mes Chers compatriotes,

Le 14 juillet nous aimons la France.

Nous l’aimons certes au quotidien, dans un pacte renouvelé où se mêlent l’intelligence, la passion, l’ambition, l’ardeur.
Mais le 14 juillet, nous aimons la France, autrement.

Nous l’aimons parce que le 14 juillet nous célébrons les valeurs qui sont au cœur de notre République.

Nous célébrons ces valeurs qui furent proclamées dans l’éclat et la nouveauté radicale de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Ce que nous célébrons, c’est cette invention démocratique sans précédent et qui aura depuis ce foyer de 1789 un rayonnement incomparable et une si vaste succession.

Ce que nous célébrons en effet c’est l’irruption sur la scène de l’Histoire et dans les systèmes politiques bouleversés et devant les hommes stupéfiés, de l’idée de liberté, d’égalité et de fraternité.

Le 14 juillet la Nation française inaugure avec elle-même un nouveau pacte politique. Ce pacte elle le propose bientôt au monde entier car les valeurs qui le fondent ont une portée universelle. La France proclame que l’Homme est un, sans distinction de race, de condition, de climat.

Quelques hommes, les philosophes des Lumières, ont porté cette ambition universelle, qui a été d’abord pensée avant de s’accomplir ensuite dans l’Histoire : Montesquieu, Voltaire, Diderot, et sans doute le penseur le plus profond d’entre eux, Rousseau.

Nous avons célébré en juin le tricentenaire de sa naissance.
Rappelons-nous : Rousseau pose que l’Homme dispose de droits naturels, universels et imprescriptibles ; que le peuple est souverain et que la société s’enracine dans un contrat social ; que la volonté générale a le primat sur les volontés particulières ; que l’éducation est une des conditions de la liberté ; et qu’il doit exister un équilibre harmonieux entre l’Homme et la nature.

Le 14 juillet c’est :
La fête de la Liberté ;
La fête de la Fraternité ;
La fête de la Nation ;
La fête des Français rassemblés.
La fête des Droits de l’Homme et des valeurs universelles.

II- L’actualité de Liberté et de la Démocratie

La deuxième chose que je voudrais partager avec vous c’est que cette idée démocratique demeure d’une actualité toujours aussi vive.
Pour nos sociétés démocratiques, et nos Etats de droit, le grand rendez-vous est celui de l’élection.

Nous oublions parfois, tant l’évidence en est ancrée, que le rituel électoral n’est pas simplement un ensemble de procédures par lesquelles sont départagés des hommes ou des femmes engagés dans des joutes de places ou des compétitions de pouvoir.

L’élection est ce grand moment collectif où chacun, pour sa part, engage par son choix, le destin de son pays en tranchant des grandes orientations fondamentales.

En avril et mai dernier, les Français ont élu un nouveau Président de la République puis de nouveaux représentants à l’Assemblée Nationale.

Un nouveau gouvernement a été investi dont le Premier Ministre a exposé le programme de législature et les grandes axes prioritaires.
La France s’engage dans une œuvre de redressement économique et financier pour redonner à son outil productif les moyens de sa compétitivité et de sa croissance, en conciliant performance économique et justice sociale.

Cette politique en faveur de la croissance, de l’emploi, du sérieux budgétaire et de l’équilibre des finances publiques, est par ailleurs inséparable de l’action pour stabiliser définitivement la zone monétaire de l’Union Européenne.

Le dernier Conseil européen a fourni le cadre immédiat et futur d’une nouvelle gouvernance économique européenne.

Ce grand moment de démocratie électorale nous l’avons, Français de l’étranger, vécu aussi à Monaco.

J’allais dire parfois, au début, dans la bousculade piétinante... Mais avec un enthousiasme et un dévouement remarquable de la part des agents de l’Ambassade de France, que je salue et remercie.

Nous avons, au cours de ces quatre dimanches, vécu des moments intenses.

En élisant par ailleurs pour la première fois des députés vous représentant directement à l’Assemblée Nationale, vous renforcez ce lien direct entre les élus de France et la communauté des Français vivant à l’étranger.

Je souhaitais remercier, les scrutateurs et les assesseurs, qui nous ont accompagnés dans la conduite du scrutin et jusque tard dans les nuits de dépouillement.

Je voudrais aussi adresser mes remerciements au gouvernement monégasque et au conseiller pour l’Intérieur, M. Paul Masseron, qui a permis la sécurisation matérielle du vote, à l’extérieur de l’Ambassade.

Mes Chers Compatriotes,

Si la liberté démocratique s’accomplit dans nos urnes, elle se conquiert et se défend aussi parfois dans le sacrifice ultime.
Je souhaite que, dans notre célébration commune, nous portions mémoire à ceux de nos militaires tombés pour la défense de ces valeurs loin de France, dans les vallées d’Afghanistan ou sur les autres champs d’opérations extérieurs.

Le défilé militaire traditionnel du 14 juillet rend hommage à ceux des Français qui font métier des armes au service de la France, et pour la défense de ces grands principes universels que sont la dignité, l’égalité des hommes et des femmes, et la lutte contre l’oppression.

III- L’indéfectible amitié entre la France et Monaco

Ma troisième réflexion porte sur les relations entre la France et Monaco et leur indéfectible amitié.

Très Chers Amis Monégasques,
Lorsque j’ai eu le très grand honneur d’être nommé par le Président de la République il y a huit mois comme Ambassadeur de France à Monaco je savais que j’allais servir une relation qui n’a pas d’équivalent diplomatique.
La France et Monaco sont liées par l’Histoire et par le sentiment.

Nous sommes souverains et imbriqués.
Nous sommes séparés mais unis.
Nous sommes différents mais semblables.

Malgré quelques soubresauts parfois, l’Histoire ne nous a jamais rejetés de part et d’autre d’une mémoire béante, hostile ou écorchée.
Nos intérêts nous réunissent.
Nos politiques s’accordent.
Nos relations sont consacrées par des traités mais à leur frontispice nous avons inscrit « une communauté de destin ».

Amis de Monaco,
Nous partageons les mêmes valeurs.
La France et Monaco, conduisent sur la scène internationale des politiques qui s’inspirent aux mêmes sources.

- Nous croyons que, dans un monde en urgence écologique, les défis et les nécessités du développement durable doivent être au cœur de nos réflexions sur une nouvelle gouvernance internationale.

- Nous croyons que nous devons préserver ce patrimoine écologique et que la sauvegarde de la biodiversité est une nécessité vitale. Nous croyons, n’est-ce pas Mme Marie- Pierre Gramaglia, à une économie durable et verte. C’est ce message qu’ont porté ensemble le Prince Albert II et le Président de la République à Rio.

- Nous croyons que le droit prime la force.
Lorsque, Cher José Badia, vous représentez Monaco à la Conférence de Paris en faveur du Groupe des Amis du peuple syrien vous portez, avec la France, ce message que la communauté internationale a le devoir d’arrêter la barbarie et la répression sauvage.

- Nous croyons que la Méditerranée doit être un espace de paix, de développement et de liberté. Alors que lors des « printemps arabes » les peuples de sa rive sud se sont mis en mouvement en rejetant des systèmes de pouvoir oppressifs, nous sommes animés de l’idée qu’il faut une ambition solidaire.

- Nous croyons à la diversité culturelle et nous avons la conviction que dans un monde globalisé la Francophonie est une richesse pour ces nations et ces peuples qui ont le Français en partage.

- Nous avons la conviction commune que l’aide au développement est un des éléments essentiels de notre action en faveur de l’Afrique notamment.

Chers Amis Français et Monégasques,
Notre relation bilatérale est exemplaire.

Lorsque vous avez, M. le Ministre d’Etat, Cher Michel Roger, co-présidé avec le secrétaire général du Quai d’Orsay le 27 février dernier la Commission de coopération franco-monégasque j’ai pu constater que nos travaux se déroulaient dans le bel ordonnancement d’un ordre du jour partagé et la chaleur de l’amitié, avec le souci constant de faire avancer les choses dans le sens des solutions les plus avantageusement efficaces pour nos deux pays.

La même atmosphère a prévalu en mai dernier lors de la tenue de la Commission de sécurité sociale que nous avons co-présidée Cher Stéphane Valéri.

A ce point d’excellence et de confiance que pouvons-nous faire de plus ou de mieux ?

Je vois trois axes d’approfondissement.

- Réinvestir notre passé.
Nous partageons une longue Histoire. Retrouvons en les racines et l’épaisseur de la mémoire longue. Notre Histoire n’a pas commencé avec Charles III, François Blanc et Charles Garnier. Notre Histoire précède la création géniale de Monte Carlo, même si la SBM fêtera l’année prochaine le centenaire de sa création. Lorsque le Prince Albert II se rend récemment en Bretagne à l’invitation des élus des « pays de Matignon » c’est tout un passé de liens qui renaît soudain, en allant du fief à l’affection. Explorons en la richesse de la signification historique.

- Etre en imagination constante.

Gardons nous du risque des torpeurs de l’évidence et de l’habitude. Notre relation doit demeurer une effervescence de rencontres et d’événements.
Le Souverain inaugurait jeudi soir la magnifique exposition du Centre Pompidou au Grimaldi forum : « Extra large ». Lorsque je rencontrais son président Alain Seban en octobre dernier avant de prendre mes fonctions à Monaco, je demandais à Alain ce qu’il avait éventuellement en carton pour moi. Alain me répondit : je n’ai pas de cartons mais des réserves. Des réserves du Centre Pompidou sont sorties grâce au talent et la passion combinés des équipes de Beaubourg et du Grimaldi forum ces oeuvres spectaculaires que je vous invite tous à aller admirer dans une scénographie époustouflante. Que Jean Pastorelli et Sylvie Biancheri en soit remerciés. Ayons l’ambition renouvelée de monter chaque année un grand projet commun qui démontre notre vitalité créatrice et nos talents conjugués.

- Concevoir une prospérité partagée.

Nous avons en commun les ressources, le talent et l’intelligence, un formidable tissu économique. 35 000 Français travaillent chaque jour à Monaco. 8000 y vivent. Les fonctionnaires français détachés y servent dans l’administration avec un talent et dévouement remarquable. Permettez-moi de saluer deux grands serviteurs, qui nous quittent, le Président Cordas et le Commandant Bissuel. Monaco s’enorgueillit d’une réussite scolaire exemplaire. Monaco attire les talents et les réussites du monde entier. Il y en a beaucoup ce soir parmi nous. Mais nous avons encore besoin, n’est pas Cher Marco Piccinini, de croissance et de recettes supplémentaires. Organisons cette richesse, rassemblons nos élus, nos chefs d’entreprises. Libérons nos forces productives. Imaginons notre développement commun pour les 20 prochaines années. Nous n’avons ici de limites que les ressources de notre imagination.

Cher Amis, Chers Français de Monaco,
Vous avez pour ce pays auquel vous attachent souvent les liens de plusieurs générations un sentiment d’amitié et d’affection profonde.

Vous avez l’amour de la France, vous avez celui de Monaco. Vous êtes une communauté vivante, chaleureuse. Il y a une sociabilité d’associations françaises à Monaco. Qui se réorganise. Elle a tout mon soutien. Elle doit retrouver une expression plus jaillissante et un lieu de rencontre : la Maison de France et des Français a eu un passé ; je ne doute pas que, sortie d’une trop longue léthargie, elle retrouve très bientôt un avenir. Je m’y engage.

Français de Monaco, vous exprimez parfois vos craintes. Votre hantise, c’est votre départ. Subi plutôt que choisi. Je demeure confiant. Il y a un avenir français à Monaco, pour les Français de Monaco. Imaginons ensemble le futur avec le gouvernement, les associations et les élus.

Chers Amis,
Je voudrais conclure sur un hommage et des remerciements.

L’hommage va à deux de mes précieux collaborateurs qui s’en vont cet été : Mme Jaffré-Baron qui a secondé pendant cinq ans quatre ambassadeurs de France : Chère Claudine vous êtes passée ainsi d’un poste diplomatique à un sacerdoce. Sans jamais perdre le sourire. Merci. Cher Laurent Lagrange vous avez exercé vos fonctions de consul avec une rigueur exemplaire : les visas, l’état civil ne souffrent pas l’imprécision. Le service a bien fonctionné.
Mes vœux amicaux vous accompagnent tous deux dans vos vies nouvelles. Vous ne regretterez peut-être pas le souvenir exigeant de vos Ambassadeurs, mais Monaco, très certainement. Car Monaco reste fiché au cœur de ceux qui y ont vécu.

Mes remerciements vont enfin aux entreprises et partenaires français qui ont choisi d’accompagner, pour la première fois à Monaco, l’organisation de la réception du 14 juillet.
Lorsque je vous ai sollicité, votre accord a été immédiat. Je vous sais gré de votre enthousiasme et de votre implication pour cette belle fête du 14 juillet.

Chaque entreprise mécène illustre une réussite économique française : la FNAC, Carrefour, la Société générale, les Mutuelles du Mans et le cabinet Brière, Monaco marine, les Champagne Taittinger et le Domaine Pibarnon. Leurs représentants à Monaco sont dynamiques et brillants.

Je remercie aussi La Poste d’avoir envoyé les cartons d’invitation avec une célérité de vent. Et je remercie aussi la Maison Gastaldi pour sa belle composition florale tricolore.

La réussite française, plus que jamais, c’est la réussite de ses entreprises. Les Ambassadeurs de France, partout dans le monde, sont aussi vos ambassadeurs. Soyez assurés de leur soutien, soyez assurés de mon soutien actif. Je sais aussi compter sur le réseau amical des Conseillers du Commerce extérieur.
Je voudrais enfin saluer les équipes formidables de l’Hôtel Fairmont, leur diligence, leur savoir-faire ; la réussite de cette réception leur doit beaucoup.

A tous merci.

Cher Amis,
Je souhaiterais maintenant que nous puissions ensemble, avec Frédéric Diquero, magnifique ténor, chanter nos hymnes nationaux, a capella. "

Dernière modification : 16/07/2012

Haut de page